La Multiplication des pains et des poissons

Un monument pour l’empereur Otton Ier
Cette plaque au modelé puissant figure des personnages qui entourent le Christ. Celui-ci vient de s’adresser à une foule immense, dans un endroit désert. Tous sont affamés et assoiffés mais il ne reste que cinq pains et deux poissons. Le Christ, par un miracle, les multiplie à profusion. La plaque appartenait à un ensemble provenant d’un monument réalisé pour l’empereur Otton Ier (mort en 973). Il était destiné à orner l’église Saint-Maurice de Magdebourg, fondée par Otton Ier qui désirait y être enterré. Il reste aujourd’hui seize de ces plaques. Leur fonction d’origine est inconnue : faisaient-elles partie d’un antependium (décor de la face antérieure d’un autel), d’un trône ou de portes de chancel (partie du chœur proche de l’autel) ? Le monument fut en tout cas démantelé dès le début du XIe siècle.

Esthétique romane
Toutes de mêmes dimensions et travaillées dans un ivoire épais, les plaques sont cernées d’un large bord lisse. Les scènes ajourées se détachaient sur un fond coloré afin de mettre en valeur la beauté de la matière. La géométrisation des formes et la composition synthétique confèrent à ce groupe une importance essentielle, malgré le travail de différentes mains, notamment dans Le Christ désignant un enfant (la plaque conservée au Louvre) et Christ recevant la cathédrale de Magdebourg de l'empereur Otton Ier (la plaque conservée au Metropolitan Museum). Ce groupe s’inspire en effet des ivoires de Metz de la seconde moitié du IXe siècle pour la massivité des personnages, et il présente des traits caractéristiques de l’esthétique romane. Ce type d’objet a pu servir d’inspiration aux sculpteurs romans.


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