Le Calvaire
Giovanni Bellini

Le Calvaire
Plantée sur un tertre bombé, la Croix se détache sur un fond de paysage avec, à gauche, les remparts d’une ville. De chaque côté du Christ mort, se tiennent sa mère et saint Jean. À droite, la Vierge drapée dans un manteau bleu est représentée de face, le bras tendu, la paume ouverte vers nous. À gauche, saint Jean est tourné vers le Christ, les mains jointes ; de sa bouche entrouverte semble s’échapper un soupir.

Giovanni Bellini et Andrea Mantegna
Giovanni Bellini est, dans ce tableau, encore redevable au langage de son beau-frère Andrea Mantegna (1431-1506). On en retrouve ici des échos dans l’aspect bombé du sol sur lequel est dressée la Croix (comme dans la Crucifixion de Mantegna au Louvre) et plus encore, dans le dessin des draperies froissées adhérant au corps des personnages. Bellini semble cependant s’affranchir de l’imitation des œuvres de Mantegna en développant une vision plus adoucie et plus fondue de la nature, et surtout en donnant une fonction dramatique à la lumière qui irradie du corps du Christ.

Un moment de lyrisme
Dans ce tableau, Bellini peint « un moment de lyrisme » s’éloignant du classicisme de Mantegna : il est ici sur le chemin qui le mènera à l’intense poésie de la Pietà de Milan (musée Brera). On date Le Calvaire du Louvre entre 1465 et 1470, époque du grand Polyptyque de saint Vincent Ferrier (Basilica dei Santi Giovanni e Paolo, Venise).


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