Aphrodite, dite Vénus d'Arles
Copie romaine d'après Praxitèle

Aphrodite, identifiée à Rome avec l'ancienne déesse italique Vénus, incarne originellement la beauté et le désir. Plusieurs traditions coexistent au sujet de sa naissance : tantôt on la dit née de l'écume de la mer, et, chevauchant une conque, abordant l'île de Cythère, tantôt on lui attribue comme parents Zeus et Dioné - Homère choisit cette version - ou encore on prétend que son père est Ouranos dont les organes sexuels seraient tombés dans la mer après que Cronos les lui eut tranchés. Mariée au dieu boiteux, le forgeron Héphaïstos (Vulcain à Rome), elle connaît néanmoins plusieurs aventures amoureuses, notamment avec le dieu Arès-Mars, ainsi qu'avec le jeune Adonis ou avec le Troyen Anchise, père d'Énée. La tradition homérique rapporte comment l'époux, averti par le Soleil, prit au piège les amants clandestins qui s'étaient attardés plus que de coutume dans leur lit adultère : il les enferma dans un filet et leur infligea l'humiliation d'être ainsi offerts aux regards de tous les autres dieux olympiens . [Homère, L'Odyssée, chant 8, v. 266-329]

D'une certaine manière, Aphrodite est à l'origine de la guerre de Troie. En effet, lorsque Pâris, convoqué sur le mont Ida, eut à décerner la pomme à la plus belle des trois divinités, parmi Héra, Athéna et Aphrodite, il choisit cette dernière. La déesse le remercia en lui octroyant la main d'Hélène, réputée comme surpassant toutes les autres créatures humaines par sa perfection physique. On sait comment l'époux, Ménélas, chercha ensuite à venger l'affront qui lui avait été fait. La déesse est ainsi présente à plusieurs reprises dans l'Iliade, soit en tant que protectrice des Troyens, soit comme adjuvante d'Héra en lui fournissant le fameux bandeau destiné à susciter le désir de Zeus, soit encore pour ses amours avec Arès.

Les copies romaines d'œuvres grecques représentant la déesse de la beauté et de l'amour sont particulièrement nombreuses et diverses, on distingue différents types établis selon la posture ou le costume. Ici, l'original appartient au début de la période hellénistique, dans une époque où l'on privilégie la grâce, le mouvement et l'expressivité. Le personnage est figuré semi-dénudé selon le type de la Vénus Victrix, dévoilant partiellement la plastique parfaite de la divinité. La statue a été découverte au XVIIe siècle dans la ville d'Arles, privée de ses bras, si bien que ceux que l'on voit actuellement sont un ajout de Girardon. Le sculpteur moderne a choisi de placer une balle - ou une pomme ? - dans sa main droite, prolongeant le geste gracieux du personnage. La tête inclinée vers la gauche laisse imaginer que la déesse se contemplait peut-être dans un miroir. Les cheveux sont assez lâchement noués, privilégiant d'exposer la nuque délicate du personnage. De l'ensemble émane une grâce infinie.


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