La Malheureuse famille Calas
Louis Carrogis, dit Carmontelle


L'Édit de Nantes, promulgué par Henri IV en 1598, avait garanti aux protestants certains droits, mais il fut révoqué par Louis XIV en 1685. Cette répression força environ 200 000 protestants à quitter la France. L'affaire Jean Calas se déroule dans ce contexte difficile.

Jean Calas est un marchand d’étoffes protestant vivant à Toulouse, une ville de 50 000 catholiques et seulement 200 protestants. Le 13 octobre 1761, il découvre son fils Pierre étranglé dans leur maison. Très vite, des rumeurs circulent : on accuse Jean Calas de l’avoir tué pour l’empêcher de se convertir au catholicisme.

Cette accusation repose sur des rumeurs et non des preuves solides. Malgré l'absence de preuves, le tribunal de Toulouse condamne Jean Calas le 9 mars 1762 à être torturé, puis étranglé et brûlé en place publique.

Voltaire, choqué par cette injustice, réclame la réhabilitation de Jean Calas et devient son défenseur dans son Traité sur la tolérance. Il dénonce une justice fondée sur des préjugés et de l’intolérance religieuse qui a frappé la communauté protestante.

En résumé, l’affaire Calas révèle deux grandes erreurs judiciaires de l’époque : la première est l’utilisation de l’intime conviction du juge, fondée sur des rumeurs, ce qui est contraire aux principes de la justice fondée sur des preuves ; la seconde est l’intolérance religieuse, qui visait la minorité protestante calviniste, persécutée par la révocation de l’Édit de Nantes.

Cette œuvre montre la famille Calas retenus prisonnière à la Conciergerie de Paris en attendant la révision du procès et la réhabilitation de la famille. Grâce à la mobilisation de l'opinion publique, à l'intervention de Voltaire et à la large diffusion de cette œuvre, la révision du procès interviendra en 1765, réhabilitant ainsi la famille Calas.


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