Peintre de la Sirène
Circé a prévenu Ulysse contre ces créatures maléfiques que sont les Sirènes dont le chant est doté d'un charme irrésistible mais qui conduisent inévitablement leurs victimes à la mort.
Afin de ne pas succomber à leur invite, le héros doit être solidement ligoté au mât du navire, tandis que ses compagnons, grâce à la cire qui bouchera leurs oreilles, resteront sourds aux accents mélodieux comme aux supplications d'Ulysse les priant de le libérer. La prudence de l'homme n'empêche pas la curiosité : le roi d'Ithaque n'envisage pas un instant d'ignorer ces mystérieuses incantations. Le poème homérique donne à ce moment la parole au héros pour qu'il avoue la puissance de l'envoûtement et sa propre faiblesse : seule la résistance des marins qui ne sont pas soumis à l'épreuve lui permet de lui échapper. Ce n'est plus l'ingéniosité d'Ulysse ni son héroïsme qui sont ici illustrés mais tout simplement sa dimension humaine. [Homère, L'Odyssée, chant 12, v. 153-200]
Debout, attaché au mât du navire, tendu - malgré ses liens - par le tourment du supplice, vers la sirène qui se jette devant lui à la mer, c'est Ulysse. Son nom est inscrit le long du cordage. La sirène, génie malfaisant représenté sous forme d'oiseau avec tête et poitrine de femme, dont la voix suave n'a pas réussi à entraîner l'homme vers les flots mortels, s'inflige à elle-même le châtiment suprême. Ses sœurs, cependant, juchées sur les rochers qui dominent le détroit de Messine, poursuivent leurs chants. Les compagnons d'Ulysse, dont la coque du vaisseau est décorée d'un œil prophylactique, rament à vive allure afin de quitter la zone dangereuse.
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