La Bible, La Genèse
Six jours pour créer le monde
Avant l'aube des temps, il n'y avait rien d'autre que du vague et du vide et le vent de Dieu sur les eaux. Les ténèbres couvraient l'abîme, c'est-à-dire une sorte d'océan primordial, un monde aquatique nourricier. Dieu va créer le monde tel que nous le connaissons en six jours, temps symbolique calqué sur la semaine hébraïque, six jours et un septième consacré au repos de Dieu et modèle du sabbat.
Le premier jour, Dieu sépara la lumière et les ténèbres. Le deuxième jour, Il créa le firmament, le ciel, pour séparer les eaux de l'abîme en eaux du dessus et en eaux du dessous. Le troisième jour Dieu sépara les eaux de la terre et fit la mer et le continent. Il fit verdir la terre avec arbres et herbes. Le quatrième jour, Dieu créa les étoiles, le soleil et la lune. Ces astres furent créés pour servir à la vie sur terre, servir de luminaires en quelque sorte. Le cinquième jour, Dieu créa la faune des eaux et celle des airs : poissons et oiseaux. Le sixième jour, Dieu créa les animaux terrestres, tous les animaux terrestres. Et ce même jour, il fit l'homme. Le texte dit : Dieu créa l'homme à son image, à l'image de Dieu, il le créa. Homme et femme, Il les créa. Le septième jour, Dieu se reposa.
Un second récit
à la suite immédiate du premier récit de la création, il y a un second récit de la création beaucoup plus centré sur l'homme et sa destinée. Le texte montre une terre dépourvue de vie végétale : « il n'y avait encore aucun arbuste des champs sur la terre et aucune herbe des champs n'avait encore poussé ». Il y avait seulement une sorte de flot qui montait de la terre et arrosait toute la surface du sol. Dieu alors créa l'homme en le façonnant avec de la glaise et il lui donna vie en soufflant dans ses narines.
Ainsi après avoir créé l'homme au désert, dans ce lieu sans arbuste et sans herbe dont parle le récit de la création, Dieu planta un jardin et dans ce jardin il installa l'homme. Le jardin d'Éden est donc en réalité un jardin en Éden ; une oasis dans un monde aride. L'eau, les plantes que Dieu créent tout de suite après l'homme, voici l'écosystème de base de l'humain. Le texte dit : « Yahvé Dieu prit l'homme et l'établit dans le jardin d'Éden pour le cultiver et le garder » et le texte poursuit « Tu peux manger de tous les arbres du jardin. Mais de l'arbre de la connaissance du bien et du mal, tu ne mangeras pas, car le jour où tu en mangeras, tu deviendras passible de mort ».
Et Dieu pensa qu'il n'était pas bon que l'homme vive seul, sans personne pour lui venir en aide. Alors, dit le texte, il modela (toujours avec de la glaise) toutes les bêtes et tous les oiseaux du ciel et les amena à l'homme pour qu'il les nomme. Et l'homme nomma tous les animaux. Mais l'homme était, malgré tout, seul et sans aide aucune ; plus exactement, dit le texte, sans aucune aide qui lui soit assortie. Alors, Dieu endormit l'homme, lui ouvrit le flanc, prit une de ses côtes, referma la béance, modela la femme avec la côte et l'amena à l'homme. Le texte conte la réaction de l'homme : « Pour le coup, c'est l'os de mes os et la chair de ma chair ».
Dans le second récit de la création, centré sur l'homme et sa destinée, quatre étapes se dégagent. Tout d'abord, Dieu crée l'homme, puis il crée le monde végétal, puis il crée les animaux, puis il crée la femme pour compagne de l'homme. Nous sommes donc à l'inverse du premier récit de la création où l'homme, d'emblée homme et femme, est le dernier acte de la création, la fin d'une chaîne évolutive en quelque sorte. Ici, tout est centré autour de l'homme et créé « pour » l'homme.
D'autre part, le texte indique clairement que Dieu crée l'homme végétarien, puisque ce dernier peut user de toutes les plantes (à l'exception de l'arbre de la connaissance du bien et du mal) et qu'il n'est nulle part fait allusion au fait que les animaux puissent lui servir de nourriture. Enfin, il ne faut pas imaginer le jardin d'Éden comme un lieu où tout est donné à l'homme sans que ce dernier travaille : il doit cultiver ces plantes que Dieu a jugé « séduisantes et bonnes à manger ». L'homme et la femme mènent donc une vie simple de cultivateurs dans l'innocence des premiers temps.
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