Edvard Munch
Au premier plan, un homme titube et se serre les tempes à deux mains. Il crie. L’homme n’a pas de cheveux, son visage est émacié et il a un teint cadavérique. Il semble onduler et flotter dans les airs. Il est l’expression de stupeur douloureuse. Deux ombres fantomatiques s’éloignent dans le lointain, leurs hauts-de-forme sur la tête, abandonnant l’homme qui crie sur le pont qui surplombe un fjord. En arrière-plan, on distingue des courbes d’un bleu sombre qui, par contraste, se détachent du rouge ardent du ciel.
L’homme qui crie est tourné vers le spectateur, si bien que nous nous sentons impliqués, comme si le cri nous était adressé.
Les lignes du pont convergent vers un point situé à gauche et donnent la profondeur au tableau. Les touches de peintures sont épaisses, tortueuses et rendent comme visible le cri par l’ondulation des courbes. Et si on observe le ciel de sang avec ses courbes sinueuses, on comprend aisément l’expression « langues de feu » employée par l’artiste. Oui, les courbes vibrent sous la puissance de ce cri tragique.
On s’est posé beaucoup de questions sur la source et la raisons de ce tableau. On sait qu’Edvard Munch avait une vision très sombre de la vie et du monde, qu’il était aussi triste et angoissé. Mais quelques lignes de son journal intime disent autre chose : « Je me promenais sur un sentier avec deux amis - le soleil se couchait - tout d'un coup le ciel devint rouge sang je m'arrêtai, fatigué, et m'appuyai sur une clôture - il y avait du sang et des langues de feu au-dessus du fjord bleu-noir de la ville - mes amis continuèrent, et j'y restai, tremblant d'anxiété - je sentais un cri infini qui se passait à travers l'univers et qui déchirait la nature. ».
Tout cela serait donc vrai et non pas imaginaire ? Selon un professeur d’astrophysique américain, il est tout à fait possible que Munch ait vu ce qu’il décrit, car à cette époque, le ciel et le climat européen étaient bouleversé par les conséquences de la terrible éruption du Krakatoa, en Indonésie, la plus grande éruption volcanique de tous les temps. Ce ciel et un soleil rouge flamboyant provenant des cendres émises lors de l’explosion du volcan.Certains disent aussi que Munch aurait vu, lors d’une exposition parisienne, une momie péruvienne et qu’il s’en serait inspiré. Au fond, peu importe, une peinture n’est pas un reportage, c’est la création faite par un homme seul, un artiste.
Fjord
Un fjord est une vallée glaciaire inondée par la mer et très profonde, aux berges en pente très raide. Les fjords les plus beaux et les plus impressionnants se trouvent en Norvège, le pays d’Edward Munch.
Explosion du Krakatoa
L'éruption du volcan Krakatoa, en Indonésie, le 27 août 1883 est l'une des plus grandes explosions volcaniques de l'histoire. Le volcan est complètement volatilisé, les poussières se retrouvent satellisées à plus de 70 kilomètres dans l'atmosphère, tandis que l'effondrement du cratère entraîne un gigantesque raz-de-marée provoquant la mort de 36.000 personnes. La détonation du volcan du Krakatoa fut entendue aux Philippines, dans toutes les îles indonésiennes, jusqu’en Australie et aux Etats Unis (à San Francisco). Cela signifie que le bruit a été entendu jusqu’à cinq mille kilomètres du Krakatoa. L’onde de choc et ses répliques ont fait trois fois le tour de la Terre. L’explosion du volcan a déclenché un gigantesque tsunami. Avec des vagues atteignant quarante mètres de haut, le tsunami du Krakatoa a parcouru des milliers de kilomètre, balayant les côtes de Java et de Sumatra. La vague a été ressentie jusque dans la dans la Manche, à 18.000 Km du volcan. Les milliers de tonnes de poussières volcaniques projetées très haut dans l’atmosphère ont provoqué un changement du climat et de la perception du ciel pendant des années.
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