Le guerrier scythe avec un cheval
Attribué au peintre de Berlin 2268 Le kylix attique à figures rouges
Ce petit kylix attique à figures rouges est l’une des œuvres les plus soignées du Peintre de Berlin 2268, un artiste archaïque tardif réputé pour son dessin précis et élégant des chevaux et des figures humaines.

Le médaillon intérieur
Au centre du médaillon intérieur (le tondo que l’on voit en buvant), un magnifique cheval est représenté de profil, tête haute, crinière et queue flottantes. Derrière lui se tient un guerrier, probablement un Scythe (ou un Thrace, selon les interprétations) identifiable à son vêtement caractéristique : bonnet, tunique à manches et pantalon ajusté – des éléments typiques des nomades des steppes, contrastant avec l'hoplite grec. Il porte un bouclier en forme de croissant ou de sablier (pelta thrace/scythe), souvent associé aux peuples du Nord.

Le jeu de trois regards :
Le regard attentif du cheval vers son maître.
Le regard du guerrier vers l’animal.
Le « regard » de l'œil dessiné sur le bouclier.
Ce triple échange crée une tension vivante, presque une conversation silencieuse entre l’homme, la bête et l’objet – un symbole de maîtrise, de complicité et de danger partagé.

L’extérieur du kylix
Sur l’extérieur du kylix (les faces A et B), deux palefreniers s’efforcent de maîtriser deux chevaux fougueux de chaque côté des anses. Les bêtes se cabrent, les muscles tendus, les palefreniers tirent sur les rênes : on sent l’énergie brute, le chaos contrôlé des écuries grecques.

Pourquoi ce vase est-il remarquable ?
Le Peintre de Berlin 2268 excelle dans le rendu naturaliste des chevaux – proportions justes, mouvements fluides, détails soignés des crins et des harnais. À une époque où les figures rouges gagnent en élégance et en expressivité, il capture la fascination grecque pour les peuples nomades du Nord (Scythes, Thraces), leurs archers à cheval et leur vie équestre. Les Grecs admiraient (et craignaient) ces cavaliers barbares, experts en tir à l’arc monté, souvent représentés comme des alliés ou des ennemis exotiques.

Imaginez :
Lors d’un symposium athénien, on buvait dans cette coupe, on admirait le guerrier scythe et son cheval au fond, puis on tournait le vase pour voir les palefreniers lutter… Un petit objet qui raconte l’exotisme, la puissance animale et la beauté du dessin grec !

Questions pour explorer plus loin
Pourquoi les Grecs représentaient-ils souvent des Scythes ou Thraces à cheval ? Que symbolisaient-ils ?
Comment le « jeu de regards » rend-il cette scène plus vivante et émouvante ?
Si tu étais un peintre grec, quel animal ou quel guerrier « barbare » choisirais-tu pour décorer une coupe ?  


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