Château d'Angers
Châteaux de la Loire


Angers, ancienne cité gallo-romaine des Andegaves, est la capitale de l'ancien comté d'Anjou, où les suzerains disposaient d'un château féodal dont il ne reste que quelques traces.

Saint Louis (1214-1270)
La forteresse puissante qui subsiste fut réédifiée par saint Louis entre 1220 et 1238. Elle est à l'échelle d'une entreprise royale avec ses dix-sept tours rondes de 40 à 60 mètres de haut et son développement de murailles de 952 mètres. Elle avait la réputation d'être imprenable, et ne fut effectivement jamais prise. On remarque l'appareillage de la construction alternant, pour une meilleure cohésion des maçonneries, des dalles de schiste noir et des chaînages de tuffeau blanc.

Les ducs d'Anjou
Le duché d'Anjou fut donné en apanage à Louis Ier d'Anjou, fils cadet du roi Jean II le Bon. C'est ce prince qui commanda la célèbre tapisserie de l'Apocalypse, aujourd'hui revenue au château d'Angers, tissée à Paris par Nicolas Bataille d'après les cartons du peintre flamand Hennequin de Bruges, entre 1377 et 1380. Son fils, Louis II d'Anjou, mourut à Angers en 1417. C'est la veuve de Louis II, la populaire Yolande d'Aragon qui fit construire la chapelle flamboyante qui existe encore. L'architecture en est tout à la fois simple et élégante.

Le roi René (1409-1480)
Le bon roi René, fils cadet des précédents naquit à Angers en 1409. Le roi René y fit établir des jardins et un corps de logis qu'il édifia subsiste encore.

Louis XI (1423-1483)
Louis XI est responsable de la création des fossés à la base de l'enceinte, quand le duché fit retour à la couronne. Sous François Ier, le château fut donné à la mère du roi, Louise de Savoie.

Le XVIe siècle
Le XVIe siècle vit la construction du logis du gouverneur qui subsiste. En 1562 sous Charles IX, Philibert Delorme y projetait le dessin d'une courtine nord et d'un bastion, aujourd'hui disparus. Enfin, en 1585, Henri III donna l'ordre d'étêter et d'araser les tours, afin d'y créer un boulevard propre à y déployer des pièces d'artillerie. Par la suite, Angers devint une prison d'État qui abrita Fouquet en 1661 et les Vendéens sous la Révolution. Après la dernière guerre, un musée de la tapisserie s'installe dans le château et une galerie est spécialement construite pour abriter la tenture de l'Apocalypse. Des jardins furent dessinés au pied des tours, soulignant les lignes de la forteresse.

Angers, projet de démolition
Les guerres de Religion entraînent le déclin de la forteresse d'Angers. En 1585, Henri III autorise les Angevins ligueurs à démolir entièrement le château, devenu une place forte des protestants. Spéculant sur un contre-ordre, le gouverneur, Donadieu de Puycharic fait traîner l'opération. Les tours sont découronnées de leurs toits en poivrière et arasées à la hauteur du chemin de ronde pour servir les besoins de l'artillerie. Les remparts sont renforcés par un épais contrefort. Finalement, la mort du roi annule le projet de démolition. Lors de l'avènement de Henri IV, des fêtes y sont organisées, à l'occasion des fiançailles de César de Vendôme avec Françoise de Lorraine.

Les Plantagenêts
D'Angers à Chinon, il n'y a qu'une toute petite centaine de kilomètres mais presque trois cents ans de luttes et de combats entre France et Angleterre. Le jeune Geoffroy, comte d'Anjou, est le descendant de la puissante famille des Foulques qui règne sans partage sur l'Anjou depuis le Xe siècle. Le voici, enfant, qui se promène sur ses terres et d'un geste presque machinal, met une branche de genêt à son chapeau. Au fur et à mesure, comme si Geoffroy ressentait le besoin de se distinguer de ses ancêtres, ce geste devient coutume. De cette habitude naît d'abord un surnom, puis un nouveau nom de famille, les Plantagenêts, dont la puissance et la notoriété entamera celles de la maison de France. Le jeune homme au genêt épouse à quatorze ans, Mathilde, petite-fille de Guillaume le Conquérant, qui en a 29. Il devient de ce fait duc de Normandie. Geoffroy et Mathilde ont un fils, Henri Plantagenêt.

Quand le roi Louis VII divorce d'Aliénor d'Aquitaine, Henri, duc de Normandie, comte d'Anjou l'épouse en 1152. De ce mariage naît une puissance auprès de laquelle la couronne de France, suzeraine de l'Anjou, fait figure de parent pauvre. Henri règne sur l'Anjou, le Maine, la Touraine, le Poitou, le Périgord, le Limousin, l'Angoumois, la Saintonge, la Gascogne, l'Auvergne et le comté de Toulouse. Pour faire bonne mesure, Henri devient roi d'Angleterre en 1154. La lutte qui s'engage alors entre la monarchie et les Plantagenêts ne s'achève en réalité qu'avec la fin de la guerre de Cent Ans. Ces guerres qui commencèrent par le mariage d'un duc et d'une puissante princesse s'achevèrent dans les combats que mena une bergère dévouée à la faible couronne d'un dauphin qu'elle vint voir, un soir à Chinon.


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