Château de Chambord
Châteaux de la Loire


Visite de Charles Quint
François Ier autorise son ennemi de la veille, Charles Quint, à traverser le royaume français pour aller réprimer une insurrection à Gand. Le 8 décembre 1539, il accueille à Amboise Charles Quint, vêtu de drap noir sur lequel brille le collier de la Toison d'or. Bien qu'endeuillé - l'empereur vient de perdre sa femme Isabelle de Portugal -, il est accompagné d'une escorte d'une cinquantaine de ses plus brillants gentilhommes.

Après Blois, le cortège royal se rend à Chambord, précédé de jeunes filles répandant des pétales de fleurs. Charles Quint est reçu avec faste par François Ier, entouré de la reine Éléonore de Habsbourg, de ses fils, de Catherine de Médicis, de Jeanne d'Albret, de sa maîtresse la duchesse d'Étampes et de nombreux princes et princesses. Pour l'occasion, le château est meublé, décoré de tapisseries de Flandres par le baron de Montmorency, grand-maître des cérémonies. Charles Quint est ébloui par le château qui offre une belle démonstration « de ce que peut l'industrie humaine ». La cour chasse le daim, durant trois jours. Après les échanges de cadeaux et d'engagements, Charles Quint repart vers la route du nord. Mais aussitôt les rebelles Gantois écrasés, l'empereur rompt la promesse faite à François Ier de céder le duché de Milan à l'un de ses fils.

Le Bourgeois Gentilhomme
Le roi Louis, voulant donner aux reines et à toute sa cour, le plaisir d'une fête dans un lieu orné de tous les agréments qui font admirer une demeure à la campagne, fait représenter sur un théâtre aménagé devant le château, une comédie que le sieur Molière a faite contre l'envoyé du Grand Turc : le Bourgeois Gentilhomme. Ce soir du 14 octobre 1670, toute la cour est présente dans ce beau lieu où tout rit, dehors comme dedans. Dans la nuit, auprès des hautes frondaisons, un nombre prodigieux de chandeliers, portant chacun 24 bougies et 200 flambeaux de cire blanche rendent une lumière aussi agréable que celle du jour. Leurs Majestés n'eurent pas plus tôt pris leur place que la scène du théâtre s'anima.

La comédie plût beaucoup mais ce qui surprît davantage fut l'arrivée de six Turcs dansant gravement entourés de Turcs musiciens et la cérémonie qui suivit. Tout y rappelait la venue de l'envoyé du Grand Turc à Versailles, la réception que le roi lui avait donnée et le mécontentement que l'envoyé en avait eu. Chacun loua monsieur Molière d'avoir si agréablement tourné l'intermède. Sa Majesté fut tout à la joie de se venger de l'affront reçu. Tous s'essayèrent à chuchoter dans la nouvelle langue et tentèrent de retenir les figures de la danse. La comédie s'acheva sur des applaudissements, en danse et en musique de toute l'assistance qui chantait à l'adresse du roi Louis : « Quels spectacles charmants, quels plaisirs goûtons-nous ! Les Dieux mêmes, les Dieux n'en ont point de si doux ».


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