Château de Plessis-lès-Tours
Châteaux de la Loire


Philippe de Commynes
« Il est vrai qu'il [Louis XI] avait fait de rigoureuses prisons, comme cages de fer, et d'autres de bois, couvertes de plaques de fer par le dehors et par le dedans, avec terribles ferrures de quelque huit pieds de large, et de la hauteur d'un homme, et un pied de plus. [...] Ledit seigneur, vers la fin de ses jours, fit clore, tout à l'entour de sa maison de Plessis-lès-Tours, de gros barreaux de fer, en forme de grosses grilles ; et aux quatre coins de la maison, quatre moineaux de fer [dispositifs en saillie pour flanquer les murailles], bons, grands et épais. Lesdites grilles étaient contre le mur, du côté de la place, de l'autre part du fossé (car il était à fons de cuve), et y fit mettre plusieurs broches de fer, maçonnées dans le mur, qui avaient chacune trois ou quatre pointes, et les fit mettre fort près l'une de l'autre... Est-il donc possible de tenir un roi, pour le garder plus honnêtement, en plus étroite prison que lui-même se tenait ? Les cages où il avait tenu les autres avaient quelque huit pieds en carré, et lui, qui était si grand roi, avait une bien petite cour de château à se promener... Si le lieu était plus grand que d'une prison commune, aussi était-il plus grand que prisonniers communs. »
Philippe de Commynes, Mémoires.

Walter Scott
« Ils arrivèrent vis-à-vis de la façade de Plessis-lès-Tours, château qui, même dans ces temps dangereux, où les grands étaient obligés de résider dans des places fortes, était remarquable par les précautions jalouses qu'on prenait pour en rendre l'accès difficile [...] Le château était entouré de trois remparts extérieurs garnis de créneaux et de tourelles de distance en distance [...] Dans l'intérieur de l'enceinte formée par le troisième mur, s'élevait le château, composé de bâtiments construits à différentes dates, dont le plus ancien était une tour noircie par le temps, qui semblait un géant éthiopien d'une taille démesurée ; l'absence de toute autre fenêtre plus grande que des meurtrières, pratiquées à distances inégales, pour servir à la défense de la forteresse, faisait naître, à l'approche de cette tour, cette sensation pénible qu'on éprouve en voyant un aveugle. Les autres bâtiments ne semblaient pas devoir être beaucoup plus agréables pour ceux qui les habitaient, car toutes les fenêtres s'ouvraient sur une cour intérieure, de sorte que tout l'extérieur annonçait une prison plutôt qu'un palais. Le roi régnant avait même ajouté à cette ressemblance, en faisant construire les fortifications nouvelles de manière à ce qu'on ne put les distinguer des anciennes ; car il était, comme la plupart des gens soupçonneux, très jaloux de cacher ses soupçons. On avait employé pour cela des briques et des pierres de la couleur la plus sombre, et mêlé de la suie dans le ciment, de manière que tous les bâtiments avaient uniformément la même teinte d'antiquité. »
Walter Scott, Quentin Durward


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