La Genèse
Adam : le glaiseux
Adam est d'abord un nom commun qui signifie tout simplement l'humain. Il vient d'adama qui signifie terre fertile.
Dans les débuts de la Genèse adam garde cette signification d'être humain tiré de la glaise par Dieu, Adam : le glaiseux.
L'homme et la femme
C'est le terme ish qui est employé quand on veut parler du masculin, de l'homme mâle. Autrement dit, l'homme et la femme sont humains, ils sont adam ou encore ha adam. La partie féminine d'adam est ishsha, la femme. Donc ishsha est tiré d'ish, la femme procède de l'homme, dans la mesure où elle fut tirée de sa côte. Puis adam devient un nom propre Adam, l'expression fils d'Adam voulant à la fois dire fils de l'humain et fils d'Adam. Donc Ishsha, c'est Ève ? Non, Ishsha, c'est la femme. C'est au moment de la chute seulement que l'homme nomme sa femme : Ève, qui vient de l'hébreu haya, vivre. La femme est Ève (Havva) parce qu'elle est la mère de tous les vivants. Autrement dit, Adam, au jardin d'Éden, appelle sa compagne « femme » et lui donne un nom propre au moment de l'expulsion du jardin.
Ishsha devient Ève
Si ishsha est la femme, de même nature que l'homme, et nommée ainsi dans les débuts de la Genèse, alors Ève est un nom propre. Ishsha devient Ève. Et en effet, c'est l'homme, Adam, qui nomme Havvah celle qu'il appelait depuis le début Ishsha. Pourquoi Havvah ? Adam tire ce nom du verbe hayah qui signifie vivre. L'homme appelle sa femme Ève, c'est-à-dire Vie, parce qu'elle est la mère de tous les vivants, dit la Genèse. (Genèse 3, 20)
L'archétype de la femme
Quand des paléontologues ont découvert en Afrique de l'Est, le plus ancien ancêtre de l'Homme (à cette époque, depuis d'autres ossements on été trouver, bien plus anciens), c'était un squelette féminin et ils l'appelèrent Lucy. Immédiatement la nouvelle connue, des hebdomadaires titrent sur « l'Ève africaine ». L'un d'entre met en couverture une superbe photographie d'une Africaine mordant à pleines dents une belle pomme verte (une Granny Smith ; ce qui est étonnant quand on sait que les Granny Smith sont originaires... d'Australie).
Ève, une figure culturelle
Cela montre combien est ancré dans notre imaginaire, le fait qu'Ève est réellement la mère de l'humanité. On oublie qu'Ève n'est qu'une création de l'esprit biblique visant à relater l'histoire de l'Homme. Elle est une figure culturelle qui est devenue quasiment universelle, du moins dans la pensée d'origine monothéiste.
Ève est si profondément ancrée dans la culture occidentale qu'elle est devenue une figure proverbiale, c'est-à-dire une figure dont les éléments de vie sont devenus des proverbes ou des dictons.
Être en habit d'Ève
En effet, la Genèse précise qu'Adam et Ève vivaient nus sans en avoir honte. Ce n'est qu'après avoir mangé le fruit défendu que la honte de leur nudité est apparue. Cette expression désigne donc tout simplement la nudité dans son innocente simplicité : « Or tous deux étaient nus, l'homme et sa femme, et ils n'avaient pas honte l'un devant l'autre. ». (Genèse 2. 25)
L'attrait du fruit défendu
Il est bien connu que l'on a envie de ce qui interdit ! C'est cet attrait du fruit défendu qui perdit Adam et Ève. L'histoire est bien connue.
Adam et d'Ève dans le jardin d'Éden
Le serpent, cet animal rusé entre tous vient tenter Ève, présentant le fruit défendu comme source de pouvoir et de connaissance ; un fruit qui rendrait les humains à l'égal de Dieu. Ève se laisse tenter, mange du fruit défendu et en fait manger à son mari. Leurs yeux s'ouvrent et l'acte fondateur de leur nouvel état est de prendre conscience de leur nudité et d'en avoir honte : leur premier geste est de se coudre des vêtements faits de feuilles de figuier.
Dieu qui se promène dans le jardin appelle l'homme. L'homme et la femme se cachent. Dieu appelle encore, et l'homme répond qu'il s'est caché pour ne pas se montrer nu à son créateur. C'est ainsi que l'humain annonce sa faute : car s'il sait qu'il est nu, c'est qu'il a mangé du fruit de l'arbre défendu. C'est ce que Dieu lui dit. L'homme se défausse sur la femme : « la femme que tu as mise auprès de moi », dit-il, et la femme se défausse sur le serpent. Alors Dieu maudit le serpent, le condamne à marcher sur le ventre dans la poussière et le prévient que la femme sera son ennemie. Puis, il sanctionne la femme, la condamnant à enfanter dans la douleur et à être dominée par l'homme. Et il punit l'homme. Il maudit le sol, source de vie pour le cultivateur et de cette malédiction du sol, rebelle à l'effort humain, il en découle que l'humain mangera son pain à la sueur de son travail.
Au jardin d'Éden, les fruits du travail venaient sans peine. Maintenant, l'effort et la difficulté commanderont le travail de l'humain. Et à la fin des fins, l'humain retournera à la glaise puisque c'est de la glaise qu'il a été tiré. Naissance de la mort. Enfin, Dieu chasse le couple du jardin d'Éden pour qu'il ne mange pas du fruit de l'arbre de l'immortalité après avoir mangé celui de l'arbre de la connaissance du bien et du mal. Mais aussi, comme dit le texte, pour qu'il cultive le sol d'où il avait été tiré.
Avant de chasser le couple primordial du jardin primordial, Dieu lui fit des vêtements de peaux et l'en revêtit. Enfin, Dieu posta des chérubins et la flamme d'un glaive fulgurant pour garder le chemin de l'arbre de vie.
Une pomme ?
L'hébreu de la Genèse emploie uniquement le terme peri signifiant fruit, et
seulement fruit,
pour désigner le fruit de l'arbre de la connaissance du bien et du mal. Peri, alors qu'il dispose du terme tappouah pour désigner la pomme. Donc ce fameux fruit défendu n'est pas une pomme ou pas, particulièrement, une pomme. Pourquoi et comment en sommes-nous arrivés à la pomme ? Et bien tout simplement par la traduction latine du texte biblique : en latin, fruit se dit pomun, ce qui par glissement est devenu pomme, car en latin pomme se dit malum, d'où par un autre glissement, l'idée que cet arbre portait le mal.
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