Esaü et Jacob
La Bible, La Genèse


Tenir quelqu'un par le talon.

Une formule qui signifie le supplanter, le « culbuter ».

Quand Rébecca fut enceinte, elle porta des jumeaux. Les« enfants, comme il se doit, vinrent au monde l'un après l'autre. Le premier était roux et velu et fut appelé Esaü. Le second apparut, tenant son frère par le talon. « Tenir quelqu'un par le talon » est une manière de dire, une formule qui signifie le supplanter, le « culbuter ». On appela l'enfant, Jacob-tient-le-talon.

Grand et fort, Esaü était chasseur dans l'âme, un guerrier insouciant, jouissant de la vie sans arrière-pensée, buveur, mangeur, aimant les femmes et les prenant sans se soucier de leur origine cananéenne. Jacob, lui, semble avoir été un être plus fin, réfléchi pour ne pas dire rusé, restant au campement avec les femmes et sa mère. Manifestement, Rébecca le préférait à son frère.

Contre un plat de lentilles !
Échanger ou vendre « contre un plat de lentilles », c'est faire une mauvaise affaire.

Jacob était fin et rusé. La preuve en est la manière dont Jacob s'empara du droit d'aînesse d'Esaü en le « vendant » en échange d'une soupe de lentilles qu'il donna à son frère fourbu, affamé et négligent.

La bénédiction de Jacob
Rébecca manipula la bénédiction du vieil Isaac, aveugle et plus ou moins mourant, bénédiction normalement destinée à l'aîné et qui échut à Jacob. Aveugle et alité, Isaac dit à Esaü d'aller lui chercher un gibier, de le préparer comme il savait si bien le faire et de le lui apporter à manger, en échange de quoi, il le bénirait.

Rébecca, qui avait tout entendu, ordonna à Jacob d'aller prendre un animal du troupeau, un animal domestique donc, lui dit qu'elle le préparerait et qu'il l'apporterait à son père pour recevoir la bénédiction. Un peu gêné quand même, Jacob lui rétorque qu'Isaac ne sera pas dupe : il voudra toucher son fils et Esaü est velu, ce qui n'est pas le cas de Jacob. Rébecca lui ordonne de faire ce qu'elle a dit, qu'elle s'occupera de tout et prendra la tromperie sur sa tête. Ainsi fut fait.

Avant que Jacob n'apporte le repas à son père, Rébecca le revêt de la dépouille d'un animal domestique : ainsi, il apparaîtra velu et son odeur sera celle du chasseur sentant fort l'animalité. Isaac n'y verra que du feu. Isaac, trompé, bénit donc son fils Jacob en lieu et place d'Esaü. Lorsqu'Isaac reconnut son erreur, il était trop tard : la bénédiction était définitive et l'on ne pouvait revenir dessus. Jacob avait vraiment pris la place d'Esaü.

« L'échelle de Jacob »
L'expression désigne une sorte d'élévation spirituelle ou bien encore, quelque chose d'inatteignable.

Le songe de Jacob
« Jacob eut un songe. Et voici, une échelle était appuyée sur la terre, et son sommet touchait au ciel. Et voici, les anges de Dieu montaient et descendaient par cette échelle. » (Genèse 28, 12)

Jacob va prendre femme au pays de ses ancêtres. En route, une nuit où il dort à même le sol, avec une pierre pour oreiller, un songe le visite : une échelle immense relie la terre au ciel. Tout en haut, il voit Dieu et Dieu lui parle. Il confirme les promesses faites à Abraham. Au réveil, Jacob dresse un autel, une pierre, pour commémorer l'événement. Dorénavant, ce lieu sera béni : ce sera Béthel, la maison de Dieu. Et Jacob jure que si Dieu le protège au cours de son voyage, il lui demeurera fidèle.

Notons au passage, qu'il s'agit du seul passage de la Bible où il est question d'échelle. Selon certains commentaires hébraïques, l'échelle représenterait les différents exils que le peuple hébreu subira avant la venue du Messie.

Léa et Rachel
Au pays de ses pères, vit son oncle maternel Laban qui a deux filles : Léa et Rachel. Jacob tomba amoureux de Rachel, mais du épouser d'abord Léa, l'ainée et prendre Rachel comme seconde épouse.

Jacob resta longtemps chez Laban a travailler pour lui. Si longtemps qu'il eut de nombreux enfants : onze fils qui seront, avec le dernier-né, Benjamin, les ancêtres éponymes des tribus d'Israël. Le jour vient où Jacob décide de partir avec les siens, de fuir son beau-père qui l'exploite.

Le combat avec l'ange
Il fait nuit. Jacob, à l'écart du groupe, dort. C'est alors que se déroule une scène grandiose et fondatrice. La scène d'une lutte nocturne, terrible qui s'engage entre Jacob et « l'ange » sous l'œil de Dieu.

Jacob lutta, lutta, lutta et le matin venu, le voici épuisé, meurtri à la jointure de la hanche, mais victorieux, ayant obtenu de la force invisible, la bénédiction le confirmant dans sa mission. L'adversaire lui dit alors : « Tu ne seras plus Jacob, mais Israël, car tu as lutté contre Dieu et contre les hommes et tu l'as emporté ». Là aussi, là encore, un changement de nom qui inaugure une nouvelle ère, une nouvelle vie.

Ainsi naquit Israël, selon le texte, de ce combat nocturne avec Dieu. À la suite de cet épisode fondateur, Jacob se réconcilia avec Esaü et s'installa à Béthel.

Être un benjamin, c'est être le dernier-né d'une famille.

Benjamin
À Bethel, Jacob eut un dernier enfant dont l'accouchement coûta la vie à Rachel. Avant de mourir, Rachel appela le bébé « fils de la peine » (Ben Oni) mais Jacob changea son nom en Benjamin, fils de la droite, c'est-à-dire de la joie et de la félicité.

La Genèse conte l'histoire de Benjamin, intimement liée à celle de son frère Joseph. Benjamin est aussi l'ancêtre éponyme, c'est-à-dire l'ancêtre qui a donné son nom à la tribu de Benjamin, une des tribus d'Israël.


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