La Terre promise
La Bible, Le Livre de l'Exode


« Où coulent le lait et le miel »
Une terre (ou un pays) où coulent le lait et le miel est la métaphore d'un espoir suprême, l'aboutissement d'un projet : « Je suis descendu pour le délivrer de la main des Égyptiens, et pour le faire monter de ce pays dans un bon et vaste pays, dans un pays où coulent le lait et le miel ». (Exode 3, 8)

Après l'étape cruciale du Sinaï, les Hébreux reprennent leur marche vers la Terre promise. Le chemin est encore long et le découragement s'installe de nouveau. Le doute aussi. Pour redonner confiance à son peuple, Moïse envoie une délégation comprenant des hommes de chacune des tribus d'Israël en Canaan à titre d'observateurs. Ils reviennent chargés de fruits somptueux : des grenades, des figues, et surtout une grappe de raisin si belle et si lourde qu'il faut deux hommes pour la porter. Canaan existe donc et c'est bien la « Terre promise où coulent le lait et le miel ». Le peuple reprend confiance même si la délégation affirme que le pays de Canaan est défendu par des géants terribles.

Ne baissons pas les bras !
C'est-à-dire, ne nous décourageons pas ! L'expression vient du combat mené dans le désert par les Hébreux contre les Amalécites.

Baisser les bras
Moïse confie le commandement des troupes à Josué et se contente de grimper au sommet d'une colline comme pour regarder la bataille. Mais une chose étrange se produit : quand Moïse tient les bras levés, les Hébreux dominent, quand il baisse les bras, ils sont dominés. La bataille est longue et Moïse se fatigue (n'oublions pas qu'il a plus de quatre-vingts ans). Alors Aaron et Hur viennent lui tenir les bras levés jusqu'à la victoire finale. C'est de cet épisode que baisser les bras signifie découragement, abandon et défaite. « Lorsque Moïse élevait sa main, Israël était le plus fort ; et lorsqu'il baissait sa main, Amalek était le plus fort. (Exode 17, 11)

Aaron, chef des lévites
L'organisation du peuple hébreu se poursuit pendant la marche au désert. Il faut désigner celui qui sera en charge du culte, un pontife, « prêtre supérieur parmi ses frères ». Moïse demande à chaque tribu d'apporter une baguette de bois. Seule la baguette (dite la verge) d'Aaron fleurit. C'est donc lui qui sera désigné comme chef des lévites (c'est-à-dire des prêtres).

Le serpent d'airain
Et, une fois de plus, les Hébreux se révoltent contre Moïse et contre Dieu. Ce dernier les punit en remplissant le désert d'innombrables serpents venimeux. Mais Dieu donne à Moïse de quoi combattre les effets du poison : un serpent d'airain monté sur une crosse. Il suffit de le regarder pour être guéri.

La marche au désert
Quarante ans se sont écoulés depuis la sortie d'Égypte. Quarante ans de lutte, d'espoir, de désespoir, de conflits politiques et religieux ; quarante ans pour unifier des tribus en un peuple, une nation. Le peuple hébreu arrive enfin en vue de la Terre promise. L'œuvre de Moïse s'achève. Il sait qu'il n'entrera pas au pays de Canaan. Alors, Moïse qui regarde du haut de la montagne « le pays où coulent le lait et le miel » accomplit un geste symbolique : il ôte ses sandales. Pour lui, le voyage se termine là. Une dernière fois, il rappelle la Loi donnée par Dieu et, en guise de testament, organise le partage du pays de Canaan entre les douze tribus d'Israël, confie la charge du pouvoir à Josué et prophétise la suite de l'histoire du peuple d'Israël. Il meurt sur le mont Nebo, après avoir entonné un dernier chant à la gloire de Dieu.

Un voyage spirituel
La marche vers la Terre promise n'est pas seulement le déplacement de toute une population, elle est aussi un voyage spirituel dont les étapes forment comme un guide de comportement religieux et transforment les tribus en nation, en peuple « saint », étymologiquement « séparé » des autres peuples et voué à Dieu. Définition des sacrifices, du sacerdoce des prêtres, organisation du culte, mise en place des lois de pureté et d'impureté, notamment des lois alimentaires qui vont bien au-delà de la simple interdiction de manger du porc, prescription du rituel du Grand Pardon s'élaborent pendant la marche au désert.

Une traversée du désert
Une traversée du désert est une période difficile dans la vie d'un personnage public où, ignoré de tous, il vit en solitaire, loin de la politique et des médias : la plus célèbre « traversée du désert » est celle du général de Gaulle entre 1953 et 1958.

Terre promise
Avant d'arriver en Terre promise, interrogeons-nous sur ces quarante ans de désert. On constate, avec la mort de Moïse et celle d'Aaron, qu'à l'arrivée en vue de Canaan, disparaît de fait la génération du désert qui laisse la place à une génération neuve, qui n'a pas connu l'esclavage en Égypte et qui a reçu les commandements divins à sa naissance. C'est peut-être là que se trouve la signification de ces longues années de marche au désert, longueur que les distances parcourues ne justifient pas, mais qui permet de fonder une nation nouvelle sans autres souvenirs de la terre d'Égypte et de ses impuretés que la mémoire et la tradition.


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