Samson et Dalila
Le temps des Juges


Fort comme Samson !


Samson
L'histoire de Samson, de la tribu de Dan, rassemble des épisodes indépendants : la naissance, le mariage, la destruction des moissons des Philistins, la mâchoire d'âne, l'épisode des portes de Gaza, son aventure avec Dalila, sa mort. Le texte fait jouer divers motifs populaires traditionnels comme l'exploit insolite, l'énigme.

Comme celle de la plupart des héros, la naissance de Samson est marquée du sceau de l'extraordinaire. La mère de Samson, Sarah, est stérile et ce n'est que sur le tard qu'elle reçoit l'annonce divine de la naissance d'un fils. Annonce assortie de conditions qui la rapproche du naziréat : pendant sa grossesse, elle ne doit pas boire de vin, de boissons fortes et manger de nourritures impures. Mieux, l'ange de Yahvé lui indique que lorsque l'enfant sera né, on ne devra jamais lui couper les cheveux. Autrement dit, il sera consacré à Yahvé, il sera un nazir. Nazir peut-être, mais pas franchement ascète ; plutôt une sorte d'Hercule, aimant les choses de la vie et particulièrement les femmes et comme lui doué d'une force hors du commun qu'il tient, non pas de sa chevelure, mais de Yahvé, les longs cheveux n'étant que la marque de la possession par l'esprit de Dieu.

Force hors du commun : Samson tue un lion à mains nues. Force hors du commun, le voilà attrapant trois cents renards, les attachant par la queue deux par deux, les enflammant et les jetant dans les moissons philistines : ce lance-flammes improvisé détruit tout : moissons de blé, vignes, oliviers. Force hors du commun, Samson lors d'un combat contre les Philistins, seul contre tous, leur inflige une grande défaite en se servant d'une mâchoire d'âne comme d'une massue. Avec cette arme improvisée, le texte dit qu'il tua mille hommes. Force hors du commun, prisonnier à Gaza, le voici qui arrache les portes de la ville et qui les emporte avec lui jusqu'à Hébron. Héros donc, mais héros attiré par les femmes et surtout, pour ne pas dire exclusivement les femmes de ses ennemis, les Philistines.

Le voici, dans un premier temps célébrant ses noces, malgré l'avis de tous et de ses parents, avec une jeune Philistine : c'est l'occasion de la célèbre énigme du miel que Samson pose aux invités : « De celui qui mange, est sorti ce qui se mange et du fort est sorti le doux ». Samson fait l'allusion au fait que dans la carcasse du lion qu'il a tué, il a trouvé un essaim d'abeilles duquel il a pris un rayon de miel dont il s'est délecté. Samson promet à celui qui trouvera la clef de l'énigme trente habits et trente pièces de lin fin. Évidemment, personne ne trouve et les jeunes Philistins menacent la jeune épousée de Samson. Celle-ci, sur l'oreiller, arrive à le convaincre de lui donner, à elle, la solution. Furieux d'avoir été dupé, Samson va à Ashkelon et tue trente Philistins.

Attiré par les femmes philistines : le voici vendu par une prostituée de Gaza et ne devant son salut qu'à sa force.

C'est une Dalila
Se dit d'une femme fatale hypocrite et trompeuse.

Dalila
Amoureux fou de Dalila, Philistine à la solde des ennemis de Samson, la voici qui arrache, sur l'oreiller, le secret de la force de Samson qui lui révèle son naziréat et lui dit que sa force tient dans sa longue chevelure.

Dalila, une nuit que Samson dort, lui fait raser la tête et les Philistins s'emparent de lui, lui crèvent les yeux et le condamnent à tourner une meule dans sa prison. Mais les cheveux repoussent et avec eux la puissance de Yahvé en Samson. Un jour que les Philistins lui faisaient exécuter des tours pour se moquer de lui lors d'un grand festin, Samson saisit les colonnes de la salle et fit écrouler le bâtiment : il mourut enseveli avec ses ennemis.

Les Philistins
Nous ne connaissons pas l'origine certaine des Philistins. Selon l'Ancien Testament, ils seraient venus de Kaphor, c'est-à-dire de Crète. Mais l'origine crétoise conviendrait plus aux Kérétiens, peuple établi au Sud de la Philistie et apparenté aux Philistins. Si les Philistins sont probablement passés par les îles de la Méditerranée orientale, on ne connaît pas réellement leur terre d'origine : peut-être l'Anatolie.

Toujours est-il que les Philistins entrent dans l'histoire comme un de ces « Peuples de la Mer » qui envahirent l'Égypte au début du règne de Ramsès III vers 1175 avant notre ère. Les« Égyptiens repoussèrent les Philistins en Canaan et les installèrent sur la côte méridionale entre Gaza et l'embouchure du Yarqôn, un peu comme nous avons installé « les Normands » en Normandie.

Les Philistins y constituèrent une pentapole : Gaza, Ascalon, Ashod, Gat et Eqrôm et donnèrent leur nom à la région côtière : Philistie. Ce sont les Grecs qui par la suite étendirent ce nom à tout le pays : Palestine. À partir du IXe siècle avant notre ère, les Philistins usent d'une écriture qui est une variante de l'écriture phénicienne. Leurs divinités portent toutes des noms sémitiques mais les Philistins ne sont pas circoncis. Détenteurs d'un quasi-monopole du fer, créateurs de forces de combat bien disciplinées et bien armées, disposant d'unités de choc composées de soldats d'élite, les Philistins tentent de s'imposer dans tout le pays de Canaan. Ils ont facilement l'avantage sur les Cananéens et les Hébreux malgré les exploits de héros comme Samson.

Vers le milieu de IXe siècle, les Philistins entrent dans la région montagneuse de Cisjordanie centrale et battent les Hébreux à Eben-ha-Ezer. C'est lors de cette bataille que la première arche d'alliance qui accompagnait les Hébreux dans les combats disparaît.


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