La Bible, Le temps des Rois
Le règne de Salomon
Salomon, dont le nom signifie en hébreu « homme de paix », est le deuxième roi de la monarchie unifiée d'Israël et de Juda. Il vécut entre 970 et 931 avant notre ère. Né à Jérusalem, il est le deuxième fils de David et Bethsabée.
Après la mort d'Ammon et d'Absalon, Salomon est précédé par son demi-frère Adonias dans l'ordre de succession. Au moment où Adonias fait valoir ses droits, Salomon est porté au pouvoir par une conspiration menée par Bethsabée, le prophète Nathan, les collaborateurs du prêtre Sadoq et le commandant de la garde de David, Benayahu.
Une période de paix et de tranquillité
Le texte biblique enrichi par la tradition et l'imaginaire populaire nous donne un portrait de Salomon plus proche de l'icône et de l'hagiographie que de l'histoire, ainsi que le montre l'histoire du jugement de Salomon.
En fait, après les guerres expansionnistes de David, le règne de Salomon est une période de paix et de tranquillité. Salomon s'avère être plus diplomate que guerrier et il développe une politique de bonne entente avec ses voisins, politique souvent scellée par des mariages.
Un jugement de Salomon
Un jugement de Salomon est un jugement plein de sagesse et d'équité.
Le jugement de Salomon
Deux mères se disputant un enfant furent amenées devant le roi pour qu'il tranche. En fait, une des deux mères avait étouffé son enfant par inadvertance et voulait s'approprier celui de l'autre femme. Salomon ordonna de trancher le petit être en deux et d'en donner une moitié à chaque femme. La véritable mère ne voulant évidemment pas que son enfant meurt, alors que l'autre était d'accord, elle annonça préférer céder l'enfant. En l'entendant, Salomon sut qui était la vraie mère et lui fit remettre le bébé.
Salomon et la reine de Saba
Au-delà de la légende, c'est dans un cadre politique et commercial qu'il faut comprendre l'épisode, largement mythifié, de « Salomon et la reine de Saba ».
Le royaume de Saba, situé sur les hauts plateaux du Yémen du Nord, est le plus important des royaumes d'Arabie du Sud. Israël entretient des contacts avec lui depuis longtemps et les caravanes de Saba font le voyage chargées d'aromates - encens et myrrhe. C'est avec une de ces caravanes que la reine de Saba se rend à Jérusalem, où elle vient « chargée d'aromates », dit le texte. Sur cette rencontre, une sorte de camp du Drap d'or, entre deux mondes si différents, l'imagination populaire et la tradition ont greffé une histoire d'amour impossible certes, mais une histoire d'amour et de passion quand même. C'est à partir de ce mythe que l'on a fait de Salomon, l'auteur du Cantique des Cantiques, long poème d'amour chargé de métaphores sensuelles, véritable blason du corps de l'aimée et qui se révèle être, en fait, un poème mystique que n'aurait pas renié, des siècles plus tard, saint Jean de la Croix.
Si les films nous montrent une reine de Saba, éblouissante de beauté et de sensualité, tous les textes s'accordent pour y voir un être hors du commun d'une immense intelligence et d'une grande sagesse, ce qui n'empêche pas certains de la considérer comme une séductrice, une femme fatale.
Jésus la cite en exemple : « La reine du midi se lèvera lors du jugement avec cette génération et la condamnera, parce qu'elle vint des extrémités de la terre pour entendre la sagesse de Salomon, et voici, il y a ici plus que Salomon. » (Mt 12, 42)
Cette visite de la reine de Saba à Salomon tient aussi une grande place dans la légende musulmane de la reine Balkis et dans la légende éthiopienne de la reine Makedo.
Le Temple de Salomon
Sous le règne de Salomon, l'administration royale se renforce : douze « préfets » régionaux servent de relais au pouvoir et ont pour mission de pourvoir à l'entretien du roi et de sa maison un mois par an chacun. Le développement de l'appareil d'État aura une autre conséquence, d'importance pour l'avenir : l'apparition d'une nouvelle classe de scribes et ainsi favoriser les travaux de l'esprit. Grâce à la prospérité du royaume, Salomon est un roi bâtisseur : fortifications, construction du Millo, érection du palais royal à Jérusalem... Mais, la grande réalisation du règne de Salomon, celle qui s'inscrit dans l'histoire comme dans le mythe et la mémoire, c'est la construction du Temple de Jérusalem.
Issu d'un coup d'État, le pouvoir de Salomon a besoin d'une légitimation : patron du culte, détenteur de la justice et du droit, roi auquel le sacerdoce est soumis, Salomon inscrit l'érection du Temple de Jérusalem dans l'affirmation de son pouvoir politique et religieux, politique parce que religieux.
le Temple de Salomon (ou premier temple) tient sa splendeur et sa célébrité plus de sa décoration que de ses dimensions. Il s'agit d'un bâtiment oblong, orienté d'est en ouest avec ouverture à l'est. Il se compose de trois salles en enfilade :
- l'ulam, vestibule et portique, séparant le Temple proprement dit de son parvis.
- le hékal, appelé plus tard le Saint ou la Demeure et qui est la grande salle du culte. C'est dans le hékal que se trouvait notamment la table d'offrande pour les « pains de proposition » et l'autel des parfums.
- le déhir ou Saint des Saints, est la partie la plus sacrée du Temple où repose l'Arche.
L'autel des holocaustes se trouvait quant à lui devant le Temple. Deux colonnes de bronze nommées yakin et boaz flanquaient l'entrée du vestibule.
Pour ériger le Temple, Salomon fait appel au roi de Tyr qui lui fournit le bois des cèdres du Liban et surtout du personnel qualifié et un maître d'œuvre. Aussi, il ne faut pas s'étonner si le Temple, pour son plan et son décor, s'inspire des temples phéniciens.
Le Temple de Salomon fut détruit par Nabuchodonosor en 587 avant notre ère.
En conclusion, si l'on veut esquisser un inventaire du règne de Salomon, c'est d'un bilan mitigé dont il faut parler. Prospérité et puissance certes, mais aussi amputation du territoire puisque pour financer le Temple, Salomon doit céder vingt villes. La puissance se paye : alourdissement des taxes et des impôts, misère des petites gens, augmentation des charges, ce qui n'empêche pas les difficultés, notamment les difficultés internationales.
Sur le plan strictement biblique, la tradition attribue à Salomon : le Cantique des Cantiques, Qohelet, Sagesse et plusieurs écrits apocryphes : Psaumes de Salomon, Odes de Salomon, Testament de Salomon.
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