La Bible, Le temps des Prophètes
Un des quatre grands prophètes de la Bible
Isaïe (« Yéshayahou » en hébreu ; c'est-à-dire « Lui, Dieu sauve ou Lui, Dieu est salut ») est un des quatre grands prophètes de la Bible. Tout commence par une vision au Temple. Isaïe se voit en présence de Yahvé. Il prend conscience de sa mission prophétique. Il se rend compte qu'il est le porteur de la parole de Dieu.
Manifestement, Isaïe est un homme de haute lignée ; peut-être même lié à la famille royale. Dans tous les cas, il est proche des cercles du pouvoir, rencontrant le roi quand il le veut et sans difficulté. Et puis, bien que son message ait dû scandaliser - et c'est peu dire - le monde politique de l'époque, il est intouchable. Isaïe exerce sa carrière de prophète de la dernière année du règne d'Ozias jusqu'en 701, cette année terrible qui voit le siège de Jérusalem par Sennacherib, fils de Sargon, roi d'Assyrie ; celui-là même qui transforma Ninive en capitale prestigieuse d'un empire et détruisit Babylone en 689.
Des temps difficiles donc - comme tous les temps prophétiques - où la politique est un exercice complexe de survie pour le royaume.
Il ne faut donc pas s'étonner si Isaïe ancre son message dans le politique, s'intéressant même de très près à la politique étrangère de Jérusalem. Mais, ne nous trompons pas. Le message d'Isaïe n'est politique que dans la mesure où celle-ci éloigne ou rapproche de Yahvé. Et les affaires étrangères, en ces temps-là, ne sont, après tout, qu'un jeu d'alliance ou de conflit avec des peuples qui ne suivent pas la loi mosaïque, qui ne croient pas au Dieu unique. Pendant toutes les crises et les soubresauts du royaume, Isaïe intervient en proclamant que seul Yahvé détient le sort du pays. Ce message à la fois politique et religieux, politique parce que religieux, possède une forte connotation sociale : Isaïe dénonce les grands propriétaires terriens, la corruption des juges, la misère du petit peuple. Toute sa vie, Isaïe se montre solidaire du peuple, on dirait aujourd'hui des exploités. En cela, il se montre disciple d'Amos, un autre prophète, le prophète de Teqoa.
S'il fallait tirer l'essentiel du message prophétique d'Isaïe, je dirais qu'en ces temps de troubles et de difficultés, de doute et d'incertitude, Isaïe martèle en permanence que tout est dans la gloire et la force de Yahvé, qui est aussi le Dieu des armées triomphantes. Isaïe répète inlassablement que Yahvé est le Dieu unique et annonce le châtiment aux orgueilleux qui pensent pouvoir se passer de lui. Isaïe est certes un prophète sombre, mais, malgré la noirceur de ses prophéties, Isaïe reste un homme d'espérance, car, pour lui, Yahvé est juste et bon.
Crier dans le désert
L'expression signifie parler, conseiller sans être écouté.
Elle nous vient d'Isaïe 40, 3 : « Une voix crie : Préparez au désert le chemin de l'Éternel, Aplanissez dans les lieux arides. Une route pour notre Dieu. »
Elle sera reprise dans l'Évangile de Matthieu, à propos de Jean le Baptiste : « Jean est celui qui avait été annoncé par Isaïe, le prophète, lorsqu'il dit : « C'est ici la voix de celui qui crie dans le désert : Préparez le chemin du Seigneur, Aplanissez ses sentiers. » (Matthieu 3, 3)
L'eau vive
Eau pure et courante, mais aussi une personne libre et pure, presque sauvage. Dans le texte biblique : « Vous puiserez de l'eau avec joie aux sources du salut ». (Isaïe 12, 3)
L'eau vive, Chanson de Guy Béart
Ma petite est comme l'eau, elle est comme l'eau vive
Elle court comme un ruisseau, que les enfants poursuivent
Courez, courez vite si vous le pouvez
Jamais, jamais vous ne la rattraperez
...
Les voies du Seigneur sont impénétrables.
Une expression qui signifie que les voies de Dieu ne sont pas décodables par les humains : « Car mes pensées ne sont pas vos pensées, et vos voies ne sont pas mes voies, dit l'Éternel. » (Isaïe 55, 8)
Les voies de l'homme sont impénétrables !
Dans son discours préliminaire à l'Encyclopédie (1751), D'Alembert écrit : « La nature de l'homme, dont l'étude est si nécessaire, est un mystère impénétrable à l'homme même, quand il n'est éclairé que par la raison seule ».
Le sac et la cendre
Faire pénitence, s'humilier, donner toutes les apparences de la peine.
Le sac et la cendre aux temps bibliques
Aux temps bibliques, quelqu'un qui voulait manifester sa peine, sa disgrâce, sa désapprobation ou son deuil prenait « le sac et la cendre », c'est-à-dire, après avoir parfois déchiré ses vêtements, se vêtait d'un sac et se recouvrait de cendre (ou de poussière) pour apparaître en public, mais attention : « Est-ce là le jeûne auquel je prends plaisir, Un jour où l'homme humilie son âme ? Courber la tête comme un jonc, Et se coucher sur le sac et la cendre, Est-ce là ce que tu appelleras un jeûne, Un jour agréable à l'Éternel ? » (Isaïe 58, 5)
Autrement dit, l'habit ne fait pas le moine. L'évangile de Matthieu reprendra cette méfiance vis-à-vis du jeûne ostentatoire : « Lorsque vous jeûnez, ne prenez pas un air triste, comme les hypocrites, qui se rendent le visage tout défait, pour montrer aux hommes qu'ils jeûnent. Je vous le dis en vérité, ils reçoivent leur récompense. Mais quand tu jeûnes, parfume ta tête et lave ton visage, afin de ne pas montrer aux hommes que tu jeûnes, mais à ton Père qui est dans le lieu secret ; et ton Père, qui voit dans le secret, te le rendra. » (Matthieu 6, 16-18)
🖼️ Cette fiche contient des illustrations et ressources interactives
Images, vidéos et outils pédagogiques disponibles sur l'interface complète.