Jérémie
La Bible, Le temps des Prophètes


La destruction de Jérusalem
Homme de la campagne, mais aussi membre de la classe sacerdotale, Jérémie a exercé son ministère prophétique pendant près de quarante longues années, qui ont vu se dérouler de profonds bouleversements historiques, temps sombre qui culmine avec la destruction de Jérusalem. Au milieu de la tourmente, Jérémie est un homme sensible qui, au milieu des souffrances, reste l'image même de la fidélité à Yahvé. La tradition hébraïque comme la tradition chrétienne en font un modèle de sainteté et les chrétiens ont vu en lui une préfiguration du Christ.

Nous sommes en 627, treizième année du règne de Josias. Jérémie ressent sa vocation de prophète : c'est alors un adolescent plein d'enthousiasme qui prêche contre l'idolâtrie qui sévit et proclame l'espérance.

À Jérusalem, Jérémie semble avoir participé à la grande réforme religieuse qui vise à centraliser le culte en un lieu unique, la cité de David et son Temple. Réforme qui implique la montée en puissance des prêtres du Temple et un meilleur contrôle des dérives polythéistes des campagnes et de leurs lieux de culte traditionnels. Étrangement, après cette réforme, s'ouvre pour Jérémie une période de silence qui va de 601 à 609.

En 609, Josias meurt au combat. Son successeur ne poursuit pas sa politique religieuse et le pays retourne à l'idolâtrie et tombe sous la coupe de Nabuchodonosor. Pour Jérémie, c'est un moment de profonde douleur, un temps que l'on a parfois appelé son Gethsémani. Alors Jérémie se donne totalement à sa prédication et sa vie même devient porteuse de sens et de symbole. Ainsi, dans une société pour laquelle le mariage et l'engendrement sont au centre de la tradition, son célibat annonce le châtiment : à quoi bon engendrer encore des enfants. Mais Jérémie n'en reste pas là, il attaque les institutions et prêche contre le Temple qu'il juge dévoyé. Il fait tant et si bien qu'il est arrêté et interdit de parole. Qu'à cela ne tienne, il recourt à l'écriture pour transmettre son message, aidé en cela par son scribe Baruch. C'est de cette période que date ce qu'on a appelé les « confessions » de Jérémie, « confessions » où il exprime découragement et plaintes, mais aussi sa fidélité indéfectible à Yahvé.

Après la mort du roi, viennent des heures encore plus sombres : Jérusalem est assiégée et la première déportation à Babylone commence en 598. Jérémie prêche la soumission à Babylone et écrit aux exilés de ne pas rêver à un retour rapide. Mais la révolte gronde à Jérusalem. Jérémie est mis en prison et Nabuchodonosor se prépare à prendre la ville. Jérémie prêche alors l'espoir.

En 587, Jérusalem tombe, le Temple est détruit et la seconde déportation commence. Poussé et entraîné par ceux qui craignent des représailles après le meurtre de Godolias, gouverneur nommé par Nabuchodonosor, Jérémie s'enfuit en Égypte et c'est en Égypte qu'il meurt. De Jérémie, c'est un peu à tort que nous gardons surtout l'image du prophète pleurant sur Jérusalem.

Jérémiade
Le mot jérémiade vient du nom du prophète Jérémie, des lamentations de Jérémie devant les ruines de Jérusalem. Ce terme, un peu péjoratif rend bien mal compte de la personnalité comme de l'œuvre de celui qui fut un des plus grands prophètes des temps bibliques.

La terre des vivants
La terre des vivants, c'est le peuple des humains sur terre : « J'étais comme un agneau familier qu'on mène à la boucherie, Et j'ignorais les mauvais desseins qu'ils méditaient contre moi : Détruisons l'arbre avec son fruit ! Retranchons-le de la terre des vivants, Et qu'on ne se souvienne plus de son nom ! » (Jérémie 11, 19)


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