Esther
Le temps des troubles


« La cachée »
Dans la tradition rabbinique Esther qui signifie « la cachée » est l'héroïne du livre (du rouleau) du même nom, sorte de conte populaire. Le Livre d'Esther est le plus important des cinq rouleaux (cinq petits écrits lus solennellement lors de certaines fêtes juives) : Cantique des cantiques, Ruth, Lamentations, Ecclésiaste, Esther.

Esther présentée à Assuérus
Assuérus, en son palais de Suse vient de répudier la reine Vasthi qu'il estime insoumise. Il cherche alors dans tout l'empire une jeune fille pour la remplacer. Parmi les jeunes filles susceptibles d'être choisies, il y a Esther, une jeune Juive parente et pupille de Mardochée, un notable de la tribu de Benjamin, déporté en Babylonie au temps de Nabuchodonosor.

Présentée à Assuérus, elle tait ses origines et elle est choisie et couronnée du diadème royal. Mardochée exerce alors son influence sur la jeune femme et se comporte en loyal sujet. Par l'intermédiaire d'Esther, il dénonce un complot dont il surprend le secret et sauve ainsi Assuérus.

Aman, le grand vizir
Tout irait bien si une profonde hostilité n'existait pas entre Mardochée et Aman, le grand vizir d'Assuérus. Mardochée refuse de se prosterner devant Aman comme le veut l'étiquette. Fou de rage, le grand vizir décide d'exterminer tous les Hébreux et avec eux, bien sûr, Mardochée. Aman consulte les « pour », c'est-à-dire les sorts pour décider d'une date : ce sera le 13 du mois d'Adar, soit le début de notre mois de mars. La décision est notifiée au nom du roi dans tout l'empire. Devant la catastrophe qui s'annonce, Mardochée demande à Esther d'intervenir auprès d'Assuérus pour sauver son peuple.

Esther devant Assuérus
Mais voilà, quiconque se présente au roi sans avoir été convoqué par lui est puni de mort. Ainsi le veut la loi. En acceptant la demande de Mardochée, Esther risque la mort. Elle se prépare à l'entrevue en jeûnant et en priant : elle fait ainsi retraite pendant trois jours, puis elle se pare de ses plus beaux atours et pénètre chez le roi. Ébloui, non seulement, Assuérus pardonne à Esther, mais il promet de satisfaire sa requête même si, dit le texte, elle lui demande la moitié de son royaume.

Mardochée récompensé
Esther repousse sa demande de grâce pour le peuple hébreu au lendemain, au cours d'un festin qu'elle veut offrir à Assuérus et à Aman. Aman, qui de son côté décide de faire pendre Mardochée, ordonne, sans plus attendre, de préparer une potence. Or, pendant la nuit qui précède le festin, Assuérus est victime d'une insomnie. Il meuble sa nuit blanche en se faisant lire les annales du royaume. Il redécouvre alors ce qu'il doit à Mardochée et apprend que ce dernier n'a jamais été récompensé pour sa loyauté.

Au matin Assuérus demande à Aman qui venait lui demander l'autorisation de faire pendre Mardochée comment récompenser un homme que le roi veut honorer. Aman qui pense qu'il s'agit de lui propose la plus recherchée et la plus rare cérémonie de triomphe. Alors Assuérus ordonne à Aman d'organiser la cérémonie et de faire proclamer dans toute la ville la gloire de Mardochée.

La fête de Pourim
Puis vient le festin. Mardochée révèle à Assuérus son origine juive et le supplie de casser le décret d'extermination. Aman est dénoncé comme l'instigateur de la mesure. Aman surpris alors dans une attitude offensante pour Esther et donc pour Assuérus, est condamné à mort et pendu à la potence préparée pour Mardochée. Mardochée devient grand vizir et encore une fois grâce à Esther, obtient un décret qui autorise les Hébreux à se défendre contre d'éventuels agresseurs et pillards, et même à se venger en anéantissant leurs ennemis. Au 13 du mois d'Adar, le jour prévu pour l'extermination, les Hébreux, forts de l'édit royal, massacrent ceux qui voulaient les anéantir. Le lendemain, au 14 du mois d'Adar, les Hébreux célébrèrent leur victoire.

Cette célébration devint une fête traditionnelle juive. On dit qu'elle fut institutionnalisée à la demande conjointe d'Esther et de Mardochée. Cette fête s'appelle Pourim, la fête des sorts et elle est célébrée chaque année le 14 du mois d'Adar (milieu des mois de février ou mars). Pourim est la fête la plus joyeuse du calendrier hébraïque : on y mange les hamantaschen ou les fazuelos, on s'y déguise et il est de bon ton de s'y saouler.


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