La Nativité


Bethléem
Alors que Marie est proche du terme de sa grossesse, elle se rend avec Joseph à Bethléem pour se faire recenser ainsi que le stipule l'édit impérial. Arrivée dans la ville, Marie est prise des douleurs de l'accouchement.

Le couple ne trouve aucun lieu d'accueil dans la ville et accepte de s'installer dans l'étable d'une auberge. La tradition chrétienne fait naître Jésus dans une crèche.

L'âne et le bœuf
Selon certaines versions des Évangiles apocryphes, un âne et un bœuf résidaient dans l'étable et réchauffèrent l'enfant avec leur haleine. Cette présence se réfère à un verset du Livre d'Isaïe : « Un bœuf connaît son propriétaire et un âne la mangeoire chez son maître ».

C'est de cette scénographie qu'est issue la crèche traditionnelle avec ses santons que beaucoup de chrétiens exposent à Noël. C'est à partir du milieu du IVe siècle que la Nativité est fixée le 25 décembre dans l'empire romain d'Occident. À Constantinople, le « premier Noël » a lieu en 379.

L'adoration des bergers
Selon la tradition, la nuit de la Nativité, des bergers gardaient leurs moutons. Ils étaient en train de veiller quand une lumière les enveloppa dans la nuit et ils entendirent des voix célestes entonner un hymne : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux et paix sur la terre aux hommes de bonne volonté ».

Les bergers furent, bien entendu, effrayés. Un ange les rassure. Il leur annonce la venue d'un Messie, d'un Sauveur envoyé par Dieu. Ce sauveur, c'est un enfant qu'ils trouveront dans une étable. Les« bergers se mettent à la recherche de la crèche. On dit que des anges gardèrent les moutons pendant leur absence. Ayant trouvé la crèche, les bergers s'agenouillent devant Jésus et lui font des présents. Certains de ces présents sont chargés de signification :
- l'agneau en symbole du sacrifice,
- un bâton pour signifier le bon pasteur,
- une flûte pour symboliser la parole.

Après l'hommage à Jésus, les bergers se répandent alentour pour propager la nouvelle.

L'adoration des mages
Matthieu est le seul à conter la venue des « mages » auprès de l'Enfant Jésus, mais scène de l'Adoration des mages a eu dans la chrétienté et dans l'iconographie chrétienne une place très importante. Arrivés à Bethléem, les mages se prosternent et adorent Jésus. Ils lui offrirent des présents, tous symboliques :
- de l'or en signe de royauté,
- de l'encens en signe de divinité,
- de la myrrhe en signe d'humanité et de souffrance, car la myrrhe servait à embaumer les cadavres et à apaiser les douleurs de l'agonie..

Matthieu ne donne ni le nom, ni le nombre des mages. Mais les Évangiles apocryphes, certains pères de l'Église et la légende s'emparèrent d'eux.

Le Moyen Âge créa la figure des trois « Rois mages », les nommant Gaspard, Melchior et Balthasar. On a donné à ces figures plusieurs interprétations. Ils représentèrent les trois âges de l'humanité ou de l'homme (l'un est jeune et imberbe, le second est d'âge mûr et le troisième un vieillard chenu). On y a vu aussi les allégories des différents continents venant adorer Jésus. Dans certaines interprétations, ils font même la connexion entre le monde païen et le monde chrétien : ils offrent une pomme d'or ayant appartenu à Alexandre le Grand, qui, par sa forme et sa matière, représente la sphère de la perfection.

La circoncision
La circoncision et la présentation au Temple sont souvent confondues. Elles sont pourtant bien distinctes dans la religion hébraïque. La circoncision a lieu une semaine après la naissance. C'est une cérémonie familiale et privée (où, traditionnellement, la mère n'assiste pas) au cours de laquelle le garçon reçoit son nom.

La présentation est une cérémonie publique qui a lieu quarante jours après la naissance, c'est-à-dire au moment du retour de couches considéré comme l'achèvement de la purification de la mère. Ainsi, Jésus est circoncis à l'âge de huit jours.

La Présentation au Temple
Jésus est présenté à la communauté et le Grand Prêtre le consacre à Dieu. Deux tourterelles ou deux pigeons sont sacrifiés. Un peu avant la Présentation au Temple de Jésus, un vieillard nommé Siméon fit un songe où il sut qu'il ne mourrait pas avant d'avoir vu le Messie. Il se rend au Temple, contemple Jésus et le prend dans ses bras. « Maintenant, Maître, c'est en paix [...] que tu renvoies ton serviteur. Car mes yeux ont vu ton salut [...] lumière pour la révélation aux païens ». Siméon prédit aussi à Marie qu'elle souffrira et « qu'un glaive lui transpercera le cœur ». Cette prédiction est à l'origine de la figure de la Vierge aux sept douleurs.

Lors de la Présentation au Temple de Jésus, une vieille prophétesse, Anne, dont la figure viendra plus tard se fondre dans celle des sibylles de l'Antiquité gréco-latine, rend gloire à Dieu pour la venue de l'enfant et annonce partout la nouvelle.


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