La Bible, La Passion du Christ
Le tombeau gardé par des soldats
Joseph d'Arimathie demande à Pilate l'autorisation d'ensevelir le corps. Il prête un tombeau provisoire, car on ne peut enterrer les morts durant le sabbat. Il donne aussi un linceul. Le corps de Jésus, enveloppé de bandelettes et imprégné d'aromates, est placé dans le tombeau situé dans un jardin.
Les prêtres du Sanhédrin demandent à Pilate une garde, car Jésus a dit qu'il ressusciterait le troisième jour et ils craignent une supercherie des disciples qui pourraient enlever le corps. Le tombeau est scellé par une lourde pierre et gardé par des soldats.
La descente aux limbes
L'Évangile apocryphe de Nicodème raconte que Jésus, mort, est descendu aux limbes pour annoncer le règne de Dieu. Il aurait « forcé la porte de l'Enfer », terrassé les démons et délivré Adam et les patriarches, condamnés aux limbes par le péché originel. Ces événements auraient eu lieu le lendemain de la Crucifixion.
Les limbes ?
Il faut attendre 2007 pour que l'Église catholique déclare que les limbes ne peuvent pas être considérés comme une « vérité de foi ». Pendant des siècles, la croyance dans les limbes fut bien vivante dans la tradition catholique. Les« limbes (du latin limbus, « marge, frange ») situés aux marges de l'Enfer.
Au XIIIe siècle, on distingue deux sortes de limbes
Les limbes des patriarches reçoivent les âmes des justes morts avant la Résurrection de Jésus-Christ. Il correspond au « sein d'Abraham » mentionné dans l'Évangile selon Luc (16, 22). Ces âmes, qui ne peuvent entrer au paradis, clos depuis la faute d'Adam, sont libérées par Jésus lors de sa descente aux enfers entre le Vendredi saint et le jour de Pâques. Cette tradition se fonde sur la première épître de Pierre, laquelle indique que Jésus « est allé prêcher aux esprits en prison » (3, 19).
Les limbes des enfants est le lieu de résidence des âmes des enfants morts avant d'avoir reçu le baptême. Il constitue une réponse théologique à la question du devenir de ces âmes qui, sans avoir mérité l'enfer, sont néanmoins exclues du paradis à cause du péché originel. Sur ce sujet, saint Augustin est bien plus brutal : pour lui, les âmes des enfants non baptisées sont vouées à l'enfer. Saint Thomas d'Aquin, quant à lui, estime que les enfants ne souffrent pas d'être dans les limbes, en raison de leur ignorance radicale de la privation du paradis, tout comme l'homme ne souffre pas de ne pouvoir voler dans les airs. Pour saint Thomas d'Aquin, les âmes de ces enfants jouissent donc d'un bonheur naturel : « Toute douleur est exclue de leur peine ».
Le péché originel
Soyons clairs, le péché originel n'existe ni dans l'Ancien Testament, ni dans le Nouveau Testament. En certains endroits des textes bibliques, on parle bien de la faute d'un seul (le péché d'Adam) et dans l'épître aux Romains le texte dit : « C'est pourquoi, comme par un seul homme le péché est entré dans le monde, et par le péché la mort, et qu'ainsi la mort s'est étendue sur tous les hommes, parce que tous ont péché... » (L'épître aux Romains 5, 12) Mieux, le judaïsme refuse la notion de péché originel considéré comme un dévoiement chrétien.
Nous devons à saint Augustin (Augustin d'Hippone) la notion de péché originel qui explique que le péché d'Adam se transmet à tous les hommes par engendrement, comme une souillure héréditaire.
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