Ovide, Les Métamorphoses, livre 1
La terre comme matrice
Grâce à Deucalion et Pyrrha, la terre fut repeuplée d'humains. Qu'advint-il des animaux qui eux aussi avaient disparu sous les flots du déluge ? Ovide nous dit que la terre elle-même les enfanta selon un processus que nous appellerions de fermentation limoneuse.
Voici le processus tel qu'il est décrit par Ovide. Une fois le déluge terminé, l'eau à la longue s'échauffa jusque dans ses profondeurs sous le soleil, les boues et les marécages fermentèrent sous la chaleur et de ce fait, les semences, germes des animaux à venir, furent nourris dans un sol vivifiant et prirent forme peu à peu et grandirent comme dans le ventre maternel. C'est en ce sens que l'on dit que la terre enfanta les animaux ; pas mythiquement mais selon un processus décrit – nous dirions scientifiquement.
Les crues du Nil
D'ailleurs Ovide appuie sa démonstration sur l'exemple des crues du Nil telles qu'on les comprenait alors.
Le limon laissé par la crue, chauffé par le soleil donne naissance à toutes sortes d'animaux que les paysans découvrent en retournant le sol pour les labours. Ces mêmes paysans, affirme Ovide, en voient un grand nombre au tout début de leur formation, encore dépourvus de leurs organes essentiels et, pour certains, dans le même corps, ayant une partie vivante et l'autre encore de limon informe.
Ce qu'Ovide nous propose là, c'est une sorte d'embryogenèse où la terre joue le rôle de matrice. Ovide va plus loin dans son développement en posant comme principe que l'humidité et la chaleur lorsqu'elles se combinent engendrent la vie et que toutes choses sortent de cette union. L'heureuse combinaison d'éléments discordants, dit-il, engendre la vie. Métamorphose au sens strict et pur du terme tel que le conçoit Ovide.
Apollon et les jeux pythiens
C'est donc ce qui se passa après le déluge. Et la terre enfanta des formes animales identiques à celles du passé mais aussi de nouvelles, inconnues jusque-là. Ainsi Python, être rampant de forme inconnue, objet de terreur parce que monstre immense, symbole des divinités chtoniennes, qu'Apollon tua de ses flèches. Pour que le souvenir de son exploit fût éternel, Apollon créa les jeux pythiens où de jeunes hommes concourraient à la lutte, à la course, en char, avides d'obtenir la victoire et de recevoir la couronne de feuilles de chênes.
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