Ovide, Les Métamorphoses, livre 6
La compétition
Décidément, mieux vaut ne pas provoquer les dieux. Marsyas en sait quelque chose.
Jugeant que la musique de sa flûte était plus belle et plus douce que la lyre d'Apollon, le satyre Marsyas, entra en compétition avec le dieu. Bien entendu, il perdit la partie. Et comme punition, Apollon écorcha Marsyas de la tête aux pieds et ainsi le fit mourir.
La source nommée Marsyas
Les faunes et les satyres, ses frères, pleurèrent Marsyas tant et plus, qu'à la fin la terre absorba toutes leurs larmes
et les converties en onde pure qu'elle envoya à la surface. Une fois à l'air libre, toute l'eau des larmes de chagrin
devint la source d'un fleuve qui reçut le nom de Marsyas et l'on dit, que de tous les fleuves de Phrygie, il est le plus limpide.
Mais écoutons Ovide : « à peine mon guide, dont j'ignore le nom, eut-il achevé le récit
de cet événement funeste aux paysans de la Lycie, qu'un autre rappela le châtiment infligé par le fils de Latone
au Satyre [385] vaincu dans le combat de la flûte due à Minerve.
« Pourquoi m'écorchez-vous ? s'écriait-il. Ah ! Déplorable témérité ! Ah ! Fallait-il que la flûte me coûtât si cher ? »
Tandis qu'il pousse ces cris, sa peau lui est arrachée ; son corps n'est qu'une plaie ; le sang coule de toutes parts ;
ses nerfs sont mis à nu. [390] On peut voir à découvert le mouvement
de ses veines, les battements de son cœur, et compter ses fibres dans sa poitrine. Les Faunes, divinités des champs et
des forêts, les Satyres ses frères, Olympus, déjà célèbre, et les Nymphes, le pleurèrent, ainsi que ceux qui font paître sur
ces montagnes [395] les brebis et les bœufs. La terre fut baignée
des larmes qu'elle reçut et qu'elle conserva dans ses fécondes entrailles.
Ovide
Les Métamorphoses, livre 6
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