Le pâtre
Ovide, Les Métamorphoses, livre 14


L’antre des nymphes
Il y a, en Apulie, un antre tout obscurci d’arbres et tout frissonnant de roseaux. Aujourd’hui, dit Ovide, Pan y réside mais ce ne fut pas toujours le cas et il fut un temps où les nymphes habitèrent ce lieu. Un jour, un jeune pasteur entra dans l’antre des nymphes. Elles eurent une peur terrible et s’enfuirent à toute vitesse. Le jeune pâtre poursuivit ces belles jeunes filles. Quand les nymphes se calmèrent et que la raison leur revint, elles n’eurent que dédain pour le pasteur qui les poursuivait. Alors elles se mirent à danser.

La métamorphose
Mais le pâtre se moqua d’elles et les imita en exécutant une danse paysanne gauche et lourde. Et puis en dansant ainsi, il accabla les nymphes de propos obscènes et d’insultes grossières. Et il dansait et il chantait et il parlait, toujours plus obscène, toujours plus grossier. Enfin il se tut, parce que son gosier était sec comme du bois. Enfin il arrêta de danser quand son corps fut tout engourdi. Enfin les nymphes furent tranquilles car le pâtre était devenu un arbre, un olivier sauvage qui porte des fruits amers, des fruits amers qui rappellent la verdeur de ses propos.


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