Homère, L'Iliade
La guerre de Troie
Lorsque commence l’Iliade, la guerre de Troie entre dans sa dixième année. Depuis neuf ans, les Grecs et les Troyens se livrent à des combats terribles. Neuf ans que les Grecs assiègent Troie et ravagent toutes la région. Neuf ans que les Troyens se défendent et sèment la mort dans les rangs grecs. Neuf ans que les combats sont incertains et que d’un jour à l’autre la fortune semble changer de camp. Neuf ans que les morts et les ruines s’accumulent autour des murs de Troie.
Les causes de la guerre
Pourquoi cette guerre sans merci, cette guerre sans armistice possible qui ne peut se terminer que par la défaite complète des Grecs ou la chute de Troie. En ligne générale, une guerre entre deux puissances trouve son fondement dans un conflit de puissance, dans une quête de territoire, dans une politique d’expansion. Ici, rien de tel – du moins en apparence. Non. Rien de tel. La guerre de Troie a pour cause une femme. Enfin, pas n’importe quelle femme.
Les noces de Thétis et Pélée
Nous sommes aux noces de Thétis, fille de Nérée et Pélée. Tous les dieux de l’Olympe sont là. Tous ? Non. On a oublié d’inviter Éris, la Discorde. Et, comme la mauvaise fée de la Belle au bois dormant, Éris va se venger cet affront. Au milieu de la fête, elle lance une pomme. Une pomme d’or promise à la plus belle des déesses. Immédiatement, Héra, Athéna et Aphrodite se disputent, chacune arguant bien sûr qu’elle est la plus belle. On s’adresse alors aux dieux pour départager les candidates. Mais aucun ne veut trancher. Alors, on décide de s’en remettre au jugement du premier mortel venu.
Pâris
Ce sera le Troyen Pâris qui garde son troupeau et chacune des déesses tenta de le soudoyer en lui promettant ce qui était en son pouvoir : Héra lui promet toute l’Asie comme royaume, Athéna lui promet la pleine sagesse et Aphrodite lui promet la plus belle des femmes du monde : Hélène.
Qu’auriez-vous fait ?
Pâris est jeune.
L’idée de posséder la plus belle femme du monde le ravit d’aise et c’est Aphrodite qu’il choisit.
Il obtint donc en récompense Hélène de Sparte, épouse de Ménélas.
Hélène
Suivant les conseils d’Aphrodite, Pâris alla à Sparte. Il rencontra Hélène et l’enleva. Il semble bien qu’Hélène ne soit pas partie contre son gré et qu’elle fut consentante. Apparemment, Pâris sut la séduire ! D’ailleurs on dit que le couple ne partit pas les mains vides mais pilla les trésors de Sparte.
Vous me direz : « au fond, tout cela n’est qu’une banale histoire d’adultère et il n’y a pas de quoi déclencher une guerre ! »
Bien sûr, bien sûr, seulement voilà. Hélène était d’une beauté extraordinaire, une beauté à couper le souffle et une foule de prétendants se pressait aux pieds de la jeune fille, la demandant tous en mariage. Son père, Tyndare, s’inquiéta de la situation. Il craignait que les prétendants finissent par s’étriper entre eux et n’acceptent pas le choix d’Hélène. Ulysse lui conseilla de faire prêter serment à tous les prétendants, enfin pratiquement à tous les souverains du monde grec : ils devaient s’engager d’une part à respecter le choix d’Hélène et d’autre part de porter secours à son mari si quelqu’un lui disputait son épouse. Les prétendants prêtèrent serment. C’est comme cela que le destin de Troie fut scellé.
La préparation de la guerre
Rappelant à tous le serment des prétendants, Ménélas battit le rappel des souverains grecs. Tous vinrent : Agamemnon, roi d’Argos nommé chef de la coalition, Nestor, roi de Pylos, Diomède, chef des Argiens, Ajax le Grand, roi de Salamine, Ajax le Locrien, Patrocle, Idoménée, petit-fils de Minos et souverain de Crête, et même Ulysse régnant sur Ithaque, qui pourtant se fit tirer l’oreille pour se joindre à la coalition. Bref, toutes les ressources militaires de la Grèce furent mobilisées. Tous les héros grecs répondirent présent. Tous ? Non. Achille manquait à l’appel.
Achille se cachait. Thétis, sa mère, savait que le destin de son fils était de mourir devant Troie. Elle l’envoie dans l’île de Scyros, chez le roi Lycomède. Là il vivra de nombreuses filles du roi se faisant appeler Pyrrha, ce qui en grec signifie « la rousse » et habillé en fille, Achille se fond dans l’univers des filles de Lycomède. Seulement voilà, Achille n’est pas une fille mais un jeune homme et il tombe amoureux de Déidamie, une des filles de Lycomède. Le jeune couple aura un fils, Néoptolème (qu’on appelle aussi Pyrrhus). Ainsi la vie d’Achille se déroule paisiblement.
Mais le destin et l’histoire rattrape Achille. Ulysse finit par découvrir où se cache le jeune homme. Ulysse se rend à Scyros avec des présents propres à ravir des jeunes filles et au milieu desquels il a glissé des armes. Quand Pyrrha voit les armes, il ne peut résister et s’en saisit, révélant ainsi et son nom et son essence guerrière. Ulysse a permis à Achille de mettre au jour ce qu’il est véritablement : un guerrier. Achille est peut-être, d’ailleurs, le premier surpris par cette révélation. Devant la catastrophe annoncée, Thétis intervient, une ultime fois, pour protéger la vie de son fils et lui dit qu’il a le choix entre une longue vie sans gloire ou une vie courte, glorieuse et intense. Fidèle à ce qu’il est, et ce qu’il vient de découvrir, Achille choisit la vie brève du guerrier plein de gloire.
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